Le commencement de la TROC-10

Vers le milieu des années 1980, la mise sur pied de la Commission Rochon a donné le coup d'envoi à un long processus de consultation qui, à terme, devait se traduire par une réforme en profondeur du réseau de la santé et des services sociaux. Les travaux de cette Commission ont dès lors suscité une importante mobilisation dans le milieu des organismes communautaires. Ces derniers ont d'ailleurs préparé environ la moitié des 800 mémoires qui y ont été présentés.

Pendant que se déroulaient les travaux de la Commission Rochon, différents regroupements d'organismes communautaires conviennent alors de se rencontrer pour des échanges informels. Peu à peu, la nouvelle politique gouvernementale en matière de santé et de services sociaux se précise. En 1990, le gouvernement rend public son livre blanc intitulé Une réforme axée sur le citoyen, et dépose, peu de temps après, le projet de loi 120.

À compter de cette date, une douzaine de Regroupements d'organismes communautaires et bénévoles décident de se réunir sur une base plus régulière afin de se pencher sur ce projet de réforme et d'en analyser les conséquences. 

Rapidement, les personnes qui y participent à ces rencontres s'entendent pour dire que le projet gouvernemental a le mérite de reconnaître de façon formelle les organismes communautaires intervenant dans le domaine de la santé et des services sociaux. Il n'en demeure pas moins que cette reconnaissance soulève d'importants enjeux, menaçant notamment l'autonomie des organismes communautaires et bénévoles.

Les modalités relatives au financement des organismes provoquent ainsi une première levée de boucliers. Le projet de loi prévoyant en effet l'obligation, pour les organismes communautaires, de participer à des plans régionaux d'organisation de services (PROS) pour recevoir du financement. Il s'ensuit une mobilisation importante qui culmine en juin 1991 par une manifestation "pique-nique" sur la colline parlementaire. Apparemment, sensible aux arguments des groupes communautaires, le ministre Côté, alors titulaire du ministre de la Santé et des Services sociaux, s'engage à apporter les correctifs nécessaires. Trois mois plus tard, la Loi est votée par le gouvernement. Depuis, le milieu communautaire attend toujours les amendements promis.

Encouragés par huit mois de collaboration et de discussion, un certain nombre de regroupements décident de poursuivre l'expérience autour d'une structure ponctuelle. La Table des regroupement provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) voit alors le jour. Ne comptant que sept membres au départ, l'organisme s'élargit très rapidement aux représentants de plusieurs autres regroupements.

Les récentes réformes du réseau de la santé et des services sociaux se caractérisent notamment par un effort de responsabilisation des citoyens et par une régionalisation des services. La reconfiguration du réseau et ses transformations ont également un impact sur le mode de représentation des organanismes communautaires et bénévoles actifs au Québec.

Avec les réformes gouvernementales, la nécessité de structures régionales s'impose et ce, à l'échelle du Québec. Au début des années 90, de telles structures existaient déjà, mais seulement dans un nombre restreint de régions.

Dès cette époque, les représentants de la Table des regroupements provinciaux, appuient la mise en place de Tables régionales dans l'ensemble des régions du Québec.

En quelques années, partiquement toutes les régions du Québec se dotent d'une Table régionale des organismes communautaires (TROC). À ce jour, il y a 13 TROC au Québec qui représentent des milliers d'organismes communautaires. En ce qui nous concernes, la TROC-10, l'assemblée de fondation à été effectuée le 26 janvier 1996.